Le délit
d’abandon de famille sanctionne « le fait, pour une personne, de ne pas
exécuter une décision judiciaire ou une convention judiciairement homologuée
lui imposant de verser au profit d’un enfant mineur, d’un descendant, d’un
ascendant ou du conjoint une pension, une contribution, des subsides ou des
prestations de toute nature dues en raison de l’une des obligations familiales,
en demeurant plus de deux mois sans s’acquitter intégralement de cette
obligation, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
» (Article 227-3 du Code Pénal).
En
pratique, pour exister, ce délit nécessite la réunion de plusieurs conditions.
1) Les
conditions d’existence du délit d’abandon de famille
a) La
condition préalable: l'existence d'une créance alimentaire
La
condition nécessaire à la caractérisation du délit est l’existence d’une
créance alimentaire ou familiale reconnue par décision de justice au profit :
- de
l’enfant mineur,
- ou des
descendants majeurs,
- ou des
ascendants,
- ou
encore des conjoints.
b)
L’élément matériel: l'absernce de paiement de la pension alimentaire pendant plus de deux mois
Il faut
que le débiteur de la créance alimentaire ou familiale n’ait pas versé
l’intégralité des créances auxquels il a été condamné pendant plus de 2 mois
consécutifs.
Il est
important de noter qu’ainsi, si le débiteur ne verse qu’une partie de la somme
due, ou qu’il la verse entre les mains du mauvais créancier (par exemple, un
père de famille versant l’argent à son fils à la place de son ex-femme), il se
rend coupable du délit d’abandon de famille si la preuve de l’élément moral est
apportée.
c)
L’élément moral
Pourle prouver, il faut démontrer que le débiteur
a agi intentionnellement, ce qui suppose la réunion de trois conditions :
-1 : le
débiteurdoit avoir connaissance de la
décision de justice lui imposant le paiement d’une créance,
-2 : le
débiteur doit avoir conscience de son défaut de paiement,
-3 :
enfin, le débiteur ne doit pas être dans l’impossibilité absolue d’exécuter son
obligation.
Si ces
trois éléments sont réunis, alors le délit d’abandon de famille est constitué
et la loi pénale réprime lourdement son auteur.
2) La
répression du délit d’abandon de famille
Pour que
le débiteur qui ne s’exécute pas soit sanctionné, il faut préalablement engager
des poursuites.
a) Les
poursuites
Il faut
savoir que seul le juge unique du tribunal correctionnel est compétent en la
matière.
Ensuite,
ce qu’il est importantde savoir est
qu’aucune plainte n’est nécessaire pour engager les poursuites.
Ainsi,
quatre personnes ont la capacité d’engager ces poursuites :
-1. Le
ministère public,
-2. La
victime, c’est à dire le créancier d’aliments,
-3. La
victime par le biais d’une constitution de partie civile,
-4. Une
association reconnue d’utilité publique.
b) Les
sanctions
*Peine
principale : 2 ans de prison et 15 000 euros d’amende ;
*Peines
complémentaires :
- perte
automatique de l’autorité parentale si le condamné ne recommence pas à assumer
ses obligations pendant 6 mois, (à l’inverse, l’autorité est rétablie de plein
droit s’il respecte ses obligations pendant plus de 6 mois),
-
interdiction des droits civiques, civils et de famille,
-
suspension ou annulation du permis de conduire,
-
interdiction de quitter le territoire,
-
interdiction d’exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un
contact habituel avec des mineurs.